vendredi 21 novembre 2008

Villeglé contre Futuristes


Si je poursuivais aujourd'hui les idées de Marinetti vis-à-vis du monde moderne je ne serais surement pas aller voir à Beaubourg "Le futurisme à Paris, une avant-garde explosive", si ça c'est pas un comble? Me voilà dans une institution clairement définit contemplant des toiles de ceux-même qui les auraient surement renié car appartenant à un monde ancien. Finalement, le fascisme italien naitra en parti de ça: un mouvement intellectuel-qui-se-refuse-à-l'être qui rompt plus avec l'académisme qu'avec les traditions machistes. Étonnons-nous d'ailleurs de voir que malgré leurs désaccords avec le mouvement cubiste, les futuristes ne pourront s'empêcher d'en réutiliser une certaine manière, mais bon finalement l'ambigüité c'est tout ce qu'il y a de plus humain. On dit d'eux qu'il sont la première avant-garde du siècle dernier, ils ont magnifié la ville, la foule, la vitesse, l'industrie, les machines, la violence et la guerre même, et on ne peut qu'admettre qu'ils auront faits très rapidement des émules dans l'Europe entière.
Le truc c'est que voila, aujourd'hui le futurisme on y est, là, et en plein dedans, les machines, la vitesse, la violence une époque glorifiant l'action à n'importe quel prix, une société fasciste quoi, si j'ose dire... Alors moi j'ai rien contre le dynamisme, même si je peux pas le voir en peinture, mais du coup je me redirige vers l'expo sur Jacques Villeglé juste à côté, et là pour le coup j'adhère plus facilement, d'ailleurs l'intitulé « Jacques Villeglé, La comédie urbaine »est un tantinet différent, la position du flâneur m'interpelle, et tant qu'à utiliser la ville, la modernité, l'industrie sur le fond, pourquoi pas aussi le faire sur la forme en réutilisant un matériel industrialisé assimilé à la culture de masse: l'affiche.
Alors peut-être que certains trouverons ça super répétitif mais bon ça fait parti du jeu de l'affiche publicitaire aussi, ça se justifie quelque part. La série, évidemment c'est un thème moderne et je trouve que ça fonctionne toujours aussi bien, faut dire, on n'a jamais été aussi "conforme" dans un sens. Bon c'est vrai que je suis fasciné par la typographie, le graffiti, la lettre (dans le sens du signe, de la signature) en général mais au delà de ça, par le fait de réutiliser un matériel pré-existant on sent un détachement vis à vis d'un certain ego-trip de l'artiste créateur, ses toiles ne sont d'ailleurs pas signées, et finalement excusez-moi du peu mais... ils se la racontaient pas mal les futuristes, dommage que leur vision des choses ai autant rassemblé dans les milieux nationalistes des années trente et je crains parfois qu'elle soit toujours cyniquement sous-jacentes dans nos sociétés spectaclistes actuelles, franchement comment peut-on encore croire aujourd'hui aux vertus de l'homme reproduisant sans cesse une apologie de lui-même.

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